Cours 8. Musique et société sous la IVème et la Vème République
8.1. Sous la IVème République : reconstruction et modernité musicale
A la Libération, la France doit se reconstruire matériellement et moralement. Dans ce contexte, la musique n’est pas immédiatement une priorité politique. Les urgences économiques et sociales dominent, mais la vie artistique reprend progressivement, portée par une volonté de renouveau et d’expérimentation.
Les années d’après-guerre voient émerger de nouvelles esthétiques qui rompent avec les traditions du XIXᵉ siècle. Les compositeurs français s’ouvrent aux courants européens d’avant-garde. Les cours internationaux de Darmstadt diffusent notamment les principes du sérialisme, qui influencent toute une génération de créateurs.
La recherche sonore devient également un champ d’exploration inédit. Au sein de la radio publique, la Radiodiffusion-télévision française fonde le Groupe de Recherches Musicales, où se développe la musique concrète. L’enregistrement, le montage et la manipulation des sons ouvrent de nouvelles perspectives esthétiques : la technologie entre pleinement dans la création musicale.
La radio joue d’ailleurs un rôle central dans la diffusion culturelle. Les concerts sont retransmis à l’échelle nationale, permettant à des millions d’auditeurs d’accéder à la musique classique depuis leur domicile. La musique devient ainsi plus accessible que jamais.
8.2. Sous le Général de Gaulle : le maillage territorial
Avec l’arrivée au pouvoir du général Charles de Gaulle, l’action publique en faveur de la culture change d’échelle. Pour la première fois, un ministère spécifiquement consacré aux affaires culturelles est créé.
En 1959, André Malraux devient ministre des Affaires culturelles. Son objectif est clair : rendre les grandes œuvres accessibles au plus grand nombre et diffuser la culture sur tout le territoire. La musique bénéficie pleinement de cette nouvelle orientation.
Une Direction de la musique, de l’art lyrique et de la danse est mise en place pour structurer l’enseignement et soutenir les institutions. Le « plan décennal » élaboré par Marcel Landowski favorise la création de conservatoires, d’orchestres et d’écoles de musique régionaux. L’État ne se contente plus de subventionner Paris : il cherche à irriguer l’ensemble du pays.
La musique devient un véritable service public culturel.
8.3. Sous Pompidou : l'essor de la musique d'avant garde
Pompidou, féru d'art contemporain, fait appel à Boulez qui crée l'IRCAM, l'Institut de Recherche et de Coordination Acoustique Musique, et l'Ensemble Inter Contemporain. Le LAM, Laboratoire d'Acoustique Musicale, créé au sein de la Faculté des sciences, met en évidence le spectre des sons. Il est à l'origine de la musique spectrale.
Le nouveau directeur de l'Opéra de Paris, Rolf Liebermann, donne une nouvelle impulsion à l'institution et la rend accessible à un public plus large, grâce à des diffusions télévisées notamment.
Le Festival d'Automne a pour objectif de promouvoir la musique contemporaine et d'égaler ses rivaux étrangers.
8.4. Sous Giscard d'Estaing et Mitterrand : les grands projets
La musique n'est pas la préoccupation majeure de Giscard d'Estaing.
Sous la présidence de François Mitterrand, la musique bénéficie d'un budget plus important ce qui permet des projets ambitieux destinés à symboliser le rayonnement artistique du pays.
L'Opéra Bastille, inauguré en 1989, accueille un public plus large que l’Opéra Garnier grâce à une capacité accrue et à une programmation diversifiée. La Cité de la musique crée un vaste pôle consacré aux concerts et à la pédagogie.
La radio publique poursuit également sa mission culturelle en organisant festivals et saisons thématiques, comme le Festival Présences, favorisant la découverte des compositeurs contemporains.
8.5. Musique et société sous les présidents suivants
Les seuls points marquants sont l'inauguration de la Philharmonie II en 2015 et le Plan Fanfare de Macron en 2021.
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