Les Femmes et la musique dans le Monde
Cours d'histoire de la musique
Cours d'histoire de la musique
MISE A JOUR EN COURS
Ces 5 cours, destinés aux élèves de "Connaissance de la musique" de l'Association Philotechnique, parlent des compositrices qui ont produit un corpus digne d'intérêt
, mais également des femmes qui ont joué un rôle important dans le monde musical, mécènes, muses, épouses de compositeurs. Ils couvrent la période allant de l'Antiquité au début du XXIème siècle. Leur périmètre géographique très large compte l'Europe occidentale, l'Europe centrale, la Russie et, à partir du XXIème siècle, le reste du monde.
Ils ont été rédigés avant la parution du très complet ouvrage de Guillaume Kosmicki, Compositrices - L'histoire oubliée de la musique.
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Les femmes compositrices et cheffes d'orchestre sont (presque) considérées comme les égales des hommes depuis très peu de temps. Plus encore que les autres femmes elles ont pâti du poids des préjugés et ont dû suivre un parcours du combattant.
Longtemps l'Eglise a mis en garde contre la femme musicienne. « Ne fréquente pas la chanteuse, de peur que tu ne sois pris dans ses rets. » nous prévient L'Ecclésiastique (IX, 4). La phrase de Paul « Que les femmes se taisent dans les assemblées » ( I Cor 14, 34) a été interprétée comme s’appliquant au chant féminin à l'église. Les femmes ont été exclues des chœurs liturgiques jusqu'au Concile Vatican II (1962 - 1965).
Lorsque l’étau de la religion s'est desserré et qu’il est devenu de bon ton pour les femmes nobles de faire de la musique, les règles de bienséance sont venues limiter cette pratique. Les préjugés, variables selon les époques et les pays concernés, ont fait que l’on estimait peu convenable pour les femmes de devenir musicienne. La musique devait rester un art d'agrément qui permettait de contracter un bon mariage. Les femmes ne devaient pas jouer en public et les instruments sur lesquels elles pouvaient jouer étaient limités. La flûte aurait enlaidi les femmes. La harpe et la viole de gambe devaient être jouées en amazone.
D'ailleurs les femmes n'auraient pas les mêmes aptitudes que les hommes. Au temps des Lumières, Diderot, dit dans l’Encyclopédie : « Les hommes par la prérogative de leur sexe et par la force de leur tempérament sont naturellement capables de toute sorte d’emploi et d’engagement au lieu que les femmes du fait de la fragilité de leur sexe et de leur délicatesse naturelle sont exclues de plusieurs fonctions et incapables de certains engagements. » Ce qui justifiait qu'elles n'eussent pas le même enseignement.
Les institutions destinées à donner une formation musicale, maîtrises, écoles de chant, conservatoires, étaient réservées aux garçons. Les femmes n’y avaient pas accès et elles devaient se contenter d’une formation inférieure, ce qui ne leur permettait pas, à talent égal, de fournir des œuvres de qualité comparable. Il a fallu attendre 1795, en France, pour que le Conservatoire de musique admette des jeunes filles, et encore dans certaines classes seulement.
On en a déduit un peu hâtivement, que les femmes avaient moins de talent que les hommes.
On leur déniait tout génie, comme Rousseau : « Les femmes en général n’aiment aucun art, ne se connaissent à aucun et n’ont aucun génie. Elles peuvent acquérir des talents et tout ce qui s’acquiert à force de travail mais ce feu céleste, ce génie, manqueront toujours aux écrits des femmes ».
Les compositrices qui persévérèrent durent se battre pour se faire jouer, être publiées et reconnues. Si elles étaient appréciées de leur vivant, elles étaient oubliées une fois mortes, et les musicologues n'en parlaient pas dans leurs écrits.
Depuis les années 1960 et surtout depuis 2000 on les redécouvre. On note même un certain engouement, voire une mode, allant parfois jusqu'à une discrimination positive.
Mais leur discographie reste très incomplète, ce qui ne permet pas de juger de l'étendue de leur talent, d'autant que les disques qui leur sont consacrés ne sont pas toujours gravés par les meilleurs interprètes.
Doit-on pour autant donner raison à Rousseau ?
Heureusement les compositrices actuelles démontrent que, si elles bénéficient des mêmes chances que leurs homologues masculins, les femmes ont les mêmes aptitudes et le même génie qu'eux.
L'iconographie nous prouve que dès l'Antiquité les femmes jouent de la musique.
Le panthéon grec attribue la musique à une fille de Zeus, Euterpe, mais c'est Calliope, la muse de la poésie qui engendre Orphée, le père des musiciens. Sapho, une poétesse qui s'accompagne de sa lyre sur l'île de Lesbos, est considérée par Platon comme la dixième muse.
Si on se tourne vers le monde chrétien, on peut voir que, dès la fin du XIIe siècle, la vierge Marie est représentée entourée d'anges musiciens ou chanteurs et que Sainte Cécile, martyre morte en 230, est choisie pour être la patronne des musiciens.
Les jeunes femmes qui entrent dans les ordres bénéficient de l’enseignement d’un maître de musique et peuvent s’exercer à la composition, à condition de s’en tenir au domaine sacré et à la seule gloire du tout puissant. Quelques compositrices ont pu être identifiées.
Cassienne de Constantinople (vers 810 - 865) choisit de devenir moniale plutôt que d'épouser le jeune empereur Théophile et nous laisse les manuscrits de plusieurs hymnes. La mère abesse Hildegarde Von Bingen (1098 – 1179) attribue à la musique une place particulière parce que le corps étant réceptif aux vibrations de la musique, les mots s’insinuent plus facilement dans l’âme. Sa musique se distingue par l’étendue de ses registres et la courbe de sa mélodie, plus sinueuse, plus rythmique que celle composée à son époque. Des compositrices contemporaines comme Sofia Goubalouïdina ou Edith Canat de Chizy lui ont rendu hommage.
Dans l’Occident des XIIème et XIIIème siècles on trouve, dans le sud occitan de la France, les premières compositrices de musique profane, les trobairitz ou troubadouresses. Ce sont des poétesses, issues de la noblesse. On peut citer Beatritz de Dia, Beatritz de Romans, Azalaïs de Porcairagues, ou Na de Casteldoza.
On a peu de traces de compositrices aux XIVème et XVème siècle. Notre étude fait donc un saut jusqu'au XVIème siècle.
1.3.1. En Italie
Dans la sphère publique, on peut citer Maddalena Casulana (1544 – 1590) qui est la première compositrice à avoir été publiée, Francesca Caccini (1587 – 1641) qui a composé le premier opéra attribué à une femme, La Liberazione di Ruggiero dall'isola d'Alcina, Barbara Strozzi (1619 – 1677), Antonia Bembo (1643 – 1715) et Camilla de Rossi (1670 – 1710), connue pour ses oratorios donnés à la cour de Vienne.
Parmi les religieuses on trouve Gracia Baptista ( - 1557 -), Chiara Maria Cozzolani (1602 – 1676/78), Isabella Leonarda (1620 – 1704) qui est l'une des premières compositrices à publier des sonates pour 1, 2, 3 et 4 instruments et Bianca Maria Meda (1665 – 1700).
Citons également la reine Christine de Suède (1626 – 1689) qui, installée à Rome, aide de nombreux compositeurs comme Stradella, et parvient à faire ouvrir en 1671 le premier théâtre public, le Tordinona, où les femmes sont autorisées à chanter, pour peu de temps malheureusement. C'est une actrice majeure de la vie musicale à Rome.
1.3.2. En France
Elisabeth Jacquet, devenue par son mariage Jacquet de la Guerre (1665 - 1729), est une jeune prodige qui joue du clavecin à la cour dès l'âge de cinq ans, et qui bénéficiera toute sa vie de la protection de Louis XIV. Elle innove en composant des pièces où le clavecin, traité en instrument soliste, est accompagné de la flûte ou du violon. Dans ses sonates elle unit le style français au style italien.
Dès le début du XVIIIème siècle, quelques femmes font une carrière d'instrumentistes. En France le Concert Spirituel permet d’entendre des femmes flûtistes comme la française Mademoiselle Taillard ou la russe Mademoiselle Mudrich et même une corniste en provenance de Bohême, Mademoiselle Pokorny.
La sœur de Frédéric II de Prusse, devenue par son mariage Wilhelmine von Bayreuth ( 1709 - 1754), apprend la composition et offre à son mari, pour son anniversaire, un opéra, Argenore. Elle fait construire un opéra baroque où se donne depuis quelques années un festival. La nièce de Frédéric II de Prusse, devenue par son mariage Anna Amalia de Saxe Weimar Eisenach (1739 – 1807), met en musique le poème Erwin et Elmire de Goethe et compose une symphonie, de la musique de chambre, de la musique vocale sacrée, un opéra et même une opérette.
Maria Teresa Agnesi (1718 - 1785) qui nait à Milan, alors sous domination autrichienne, rencontre plus de succès à Vienne et à Dresde que dans sa ville natale. Elle compose plusieurs opéras. Marianna Martines (1744 - 1812) bénéficie de la protection du grand librettiste Métastase, ami de son père. Restée célibataire, elle tient à Vienne un salon musical fréquenté par Haydn et Mozart. Elle compose quelques 200 œuvres et Deezer lui fait l'honneur de 3 CD. Il faut citer aussi Constance Mozart (1762 - 1842) qui s'est battue pour faire reconnaître le génie de son mari.
Les quatre Ospedali vénitiens forment des orpheline douées pour la musique. Elles chantent à ravir, jouent de tous les instruments, ce qui s'entend dans les différents concertos d'un de leur plus illustres maîtres, Antonio Vivaldi. Maddalena Lombardini (1745 - 1818) est une de ces élèves. Elle fait une brillante carrière de violoniste avec son mari Ludovico Sirmen. Elle compose de nombreuses œuvres pour violon et de la musique de chambre.
Avant la Révolution, deux femmes retiennent l'attention. Marie Justine Favart (1727 - 1772), danseuse et actrice, qui compose des opéras comiques et révolutionne l'art du costume. Marie Antoinette (1755 - 1793), grande musicienne, qui fait venir Gluck à Paris, ce qui va donner une nouvelle orientation à l'opéra. Pendant la Révolution, le Conservatoire de musique, créé en 1795, ouvre ses portes aux femmes. On compte de nombreuses librettistes ou compositrices d'opéras comiques. La virtuose du piano, Hélène de Montgeroult (1764 - 1836), surnommée "La Marquise de la Marseillaise", compose des Sonates et 114 Etudes et publie un « Cours complet en trois volumes pour l’enseignement du fortepiano » en 771 pages .
Les femmes sont très présentes dans la vie musicale et on trouve de plus en plus de solistes qui font une carrière internationale. Au piano citons l’allemande Clara Schumann (1819 – 1896), au violon la française Camille Urso (1840 – 1902) et l’américaine Maud Powell (1867 – 1920) qui arrive à vaincre les préjugés de Gustav Mahler, au violoncelle la française Lise Cristiani (1827 – 1853) qui joue jusqu’aux confins de Sibérie.
Si les compositrices réussissent à faire jouer leurs œuvres et même à les diriger, leur parcours reste difficile, même si elles ont la chance d’avoir un mari qui soutient leurs aspirations comme les françaises Louise Farrenc (1894 – 1875) et Clémence de Grandval (1828 – 1909) ou choisissent de rester célibataires, comme les allemandes Emilie Mayer (1812 – 1883) et Luise Adolpha le Beau (1850 – 1927) ou encore la suédoise Elfrida Andrée (1841 – 1929), qui se bat pour faire évoluer la législation de son pays.
Toutes doivent lutter pour être reconnues, et ce, même en France, pays où la situation faite aux compositrices est sans doute la plus favorable.
Si elles produisent désormais des symphonies, elles ont plus de mal à connaître le succès avec leurs opéras. Louise Bertin (1805 – 1877) en fait la triste expérience avec l'échec de La Esmeralda. Elle renonce alors à la scène lyrique et se tourne vers la poésie.
Pour pouvoir faire une carrière de virtuose, la polonaise Maria Szymanowska (1789 - 1831) divorce. En 1822, elle devient pianiste de la cour de Russie, pour laquelle elle compose, donne des concerts et au sein de laquelle elle enseigne la musique. Ses compositions, notamment ses Etudes, annoncent le style de Chopin, qui n'est pas né ex nihilo.
Toujours en Russie, la richissime Baronne von Meck (1831 – 1894) assure des revenus substantiels à Tchaïkovski, qui en profite sans trop de scrupules.
La sœur de Félix Mendelssohn, Fanny (1805 - 1847), bénéficie du même enseignement que son frère et manifeste les mêmes dons musicaux que lui. Mais son père lui interdit de se consacrer à la musique. Son mari, le peintre Wilhelm Hensel, la pousse à composer et l'incite à publier ses œuvres après la mort de celui-ci, malgré les réserves de Félix. Mais elle meurt à son tour, peu de temps après.
A l'inverse, le père de Clara Schumann ( 1819 - 1896) la pousse à devenir pianiste professionnelle et compositrice, et s'oppose à son mariage avec Robert. Mère de huit enfants, elle fait une carrière de virtuose, mais écrasée par le génie de son mari, elle ne trouve pas sa place en tant que compositrice.
Emilie Mayer (1812 - 1883) a la possibilité et la sagesse de rester célibataire. Surnommée la "Beethoven au féminin", on lui doit huit symphonies, huit sonates pour violon, douze quatuors à cordes, un concerto pour piano, des trios, quintettes, un opéra et une quinzaine d’ouvertures pour orchestre. Mais elle ne trouve pas d'éditeur et on l'oublie après sa mort.
Luise Adolpha Le Beau (1850 - 1927) choisit elle aussi le célibat. Elle acquiert une renommée certaine à Munich, puis à Baden Baden, grâce à l'appui de Grande Duchesse. Elle ouvre une Ecole de musique destinée à former des professeures de piano. Elle évoque dans ses Mémoires les embûches du métier de compositrice.
La princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein (1819 - 1887), deuxième maîtresse en titre de Liszt, le retient à son bureau pour qu'il compose. Sans son insistance Berlioz n'aurait peut-être pas composé Les Troyens.
Cosima Wagner (1837 - 1930), décharge son mari de tout souci matériel et défend le Festival de Bayreuth jusqu'à sa mort.
Elfrida Andrée (1841 - 1929) a la chance d'avoir l'appui de son père, libéral et favorable à l'émancipation des femmes. Reconnue comme la plus grande organiste de Suède, elle devient, à force de persévérance, la première femme à tenir l'orgue d'une cathédrale. Elle entame aussi une carrière de chef d'orchestre à la tête des Concerts populaires de l'Institut des travailleurs de Göteborg. Elle mène en parallèle une carrière de compositrice avec deux symphonies, de la musique de chambre, des oeuvres chorales, une suite tirée d'un opéra. Pour la Conférence pour le droit de vote des femmes de 1911 qui se tient à Stokholm, elle compose la Cantate « droit de vote » pour chœurs, solistes et orchestre.
Pour protester contre la domination autrichienne, le seul genre musical reconnu est l'opéra. Composer de la musique de chambre ou de la musique symphonique revient à faire preuve de sympathie pour l'Autriche.
C'est ce que fait Francesca d’Adda (1794 – 1877), qui compose de la musique de chambre avec piano. Par contre Carlotta Ferrari (1837 – 1907) produit plusieurs opéras qui obtiennent un succès d'estime mais dans des salles secondaires.
La Strepponi (1815 - 1897), diva qui a lancé Verdi et est devenue sa deuxième femme, fait de lui un homme d'affaires avisé et raffiné. Pour la "remercier" il lui impose un ménage à trois avec la cantatrice Teresa Stolz (1834 - 1902).
Les conditions faites aux compositrices s’améliorent au cours du siècle. Le Conservatoire ouvre aux femmes sa classe de composition en 1850 et deux classes d’harmonie en 1878. La Schola Cantorum créée en 1894, traite les femmes sur un pied d’égalité avec les hommes. La Société nationale de musique, créée en 1871 pour favoriser la musique française, met à son programme des oeuvres de compositrices.
Louise Farrenc (1804 - 1875) a la chance d'avoir un mari éditeur qui publie ses oeuvres. Malgré le soutien de Joachim et de Fétis, elle peine à faire jouer ses compositions, parmi lesquelles trois symphonies, et ne passe pas la postérité.
Louise Bertin (1805 - 1877) compose plusieurs opéras et Victor Hugo accepte même d'écrire le livret de La Esmeralda, d'après son roman Notre Dame de Paris. Victime d'une cabale, l'opéra ne tient que 6 représentations. Louise renonce à la scène lyrique;
Clémence de Grandval (1828 - 1907) a elle aussi un mari qui la soutient. Elle contribue au financement de la Société nationale de musique, qui en retour fait jouer ses oeuvres. Sa musique est solide mais peu innovante et n'est pas reconnue à sa juste valeur.
Marie Jaëll (1846 - 1925), pianiste professionnelle renommée, n'est pas satisfaite de son jeu. Quand elle entend Liszt, elle a une révélation. Elle met au point une méthode d'apprentissage basée sur le toucher. Mais elle préfère composer. Ses oeuvres, essentiellement pour piano, prolongent l'oeuvre de Liszt.
Augusta Holmès (1847 - 1903) fait partie de "la bande à Franck". Dotée d'une forte personnalité, elle enfreint les codes imposés aux femmes aussi bien dans sa vie privée que dans sa carrière musicale. Sa musique, énergique, ne donne pas dans la demi mesure. Elle a du panache. Malgré l'échec de son opéra La Montagne noire, c'est une compositrice très en vue, grâce notamment à ses poèmes symphoniques patriotiques, Irlande et Pologne. C'est son Ode triomphale en l’honneur du centenaire de 1789 qui gagne le Concours de la Ville de Paris.
Cécile Chaminade (1857 - 1944) doit attendre la mort de son père pour entamer ouvertement une carrière de pianiste professionnelle et de compositrice. Elle est la première musicienne à recevoir la Légion d'honneur. Sa musique s'inscrit dans la tradition française.
Mélanie Bonis (1858 - 1937) signe ses partitions Mel Bonis. Destinée à être une simple couturière, elle entre dans la classe d'harmonie du Conservatoire, grâce à un ami de ses parents. Sa famille l'oblige à épouser un riche veuf plus âgé qu'elle. Elle peut composer et se produire, mais dans certaines limites. Sa musique, très bien écrite et variée, dévoile une grande sensibilité.
Rita Strohl (1865 - 1941) est née dans un milieu d'artistes. Elle entre au Conservatoire à l'âge de 13 ans. Rebelle et peu mondaine, sa production musicale, pourtant conséquente et innovante, ne rencontre pas l'audience qu'elle mérite.
La très belle Comtesse Greffulhe (1860 - 1952), dont le rire a inspiré Proust pour décrire la Duchesse de Guermantes, lève des fonds pour créer des spectacles. Elle fait venir à Paris Les Ballets russes, et fait représenter Tristan et Isolde et Le Crépuscule des Dieux de Wagner, et Béatrice et Bénédicte de Berlioz.